Orages d’été : qui paie réellement pour les dommages causés par la grêle, la tempête et les inondations ?
Environ 25 000 éclairs en quelques heures, une coulée de boue en Valais, des caves inondées dans la région de Zurich et des trams temporairement à l’arrêt à Berne : les violents orages de fin juin et début juillet 2026 ont laissé des traces dans une grande partie de la Suisse. De nombreux véhicules, maisons et jardins ont été endommagés. Une fois l’intempérie passée, une question se pose rapidement pour les personnes concernées : quelle assurance paie quoi au juste ? Notre guide vous aide à y voir plus clair.
Que sont les dommages naturels ?
La grêle, la tempête et les inondations font partie de ce que l’on appelle les dommages naturels. La législation suisse définit neuf dangers naturels : les hautes eaux, les inondations, la tempête (vents d’au moins 75 km/h), la grêle, les avalanches, la pression de la neige, les éboulements de rochers, les chutes de pierres et les glissements de terrain.
La couverture des dommages naturels est réglementée par la loi en Suisse et est en principe liée à l’assurance incendie. Si un bâtiment ou le mobilier de ménage est assuré contre l’incendie, les dommages naturels définis par la loi sont donc également inclus. L’obligation de souscrire une telle assurance dépend toutefois de l’objet assuré et du canton concerné : pour les bâtiments, elle est obligatoire dans la plupart des cantons, tandis qu’elle est en principe facultative pour le mobilier de ménage. Les cantons de Nidwald, Vaud, Fribourg et du Jura font exception.
Les tremblements de terre ne font pas partie des dommages naturels définis par la loi. Pour une protection complète contre les dommages sismiques, une couverture séparée est donc généralement nécessaire.
Quelle assurance paie quoi ?
Après une intempérie, plusieurs assurances sont souvent concernées. L’élément déterminant pour savoir qui prend en charge le dommage est la nature de ce qui a été endommagé.
Dommages au bâtiment
Si la tempête emporte le toit ou si l’inondation pénètre dans la cave, c’est l’assurance immobilière qui est compétente. Dans 19 cantons, elle passe obligatoirement par l’assurance immobilière cantonale. Dans les cantons dits « GUSTAVO » (Genève, Uri, Schwytz, Tessin, Appenzell Rhodes-Intérieures, Valais, Obwald), les propriétaires assurent en revanche leur bâtiment auprès d’un prestataire privé, parfois de manière obligatoire, parfois de manière facultative.
La couverture de base comprend le bâtiment lui-même, c’est-à-dire le toit, la façade, les fenêtres et les installations fixes ; les installations photovoltaïques fixes en font généralement aussi partie. Pour certains risques, une assurance complémentaire privée pour les bâtiments est toutefois nécessaire : par exemple pour la perte de rendement d’une installation solaire endommagée ou pour les dommages aux abords du bâtiment.
Dommages au mobilier de ménage
Pour les objets mobiliers du ménage privé, c’est l’assurance ménage qui intervient en cas d’événement naturel assuré. Cela comprend par exemple les meubles, les vêtements, les appareils électroniques ou sa propre machine à laver dans une cave inondée. Toute personne ayant souscrit une assurance ménage avec protection contre l’incendie est ainsi également assurée contre les dommages naturels définis par la loi.
Veillez à ce que votre somme d’assurance corresponde à la valeur réelle de votre mobilier de ménage. En cas de sous-assurance, l’assurance réduit la prestation proportionnellement en cas de sinistre.
Attention à l’eau dans la cave : toute inondation n’est pas un dommage naturel
Une cave pleine d’eau n’est pas automatiquement un dommage naturel assuré. Une inondation au sens de la loi n’est reconnue que si l’eau pénètre dans le bâtiment par la surface du sol. Deux cas fréquents ne sont pas couverts : la pluie qui pénètre par une fenêtre ouverte ou non étanche, et l’eau qui, en cas de canalisations surchargées, est refoulée dans le bâtiment par les écoulements au sol ou les WC (ce qu’on appelle le reflux). Pour les dommages dus au reflux, une assurance dégâts d’eau séparée est nécessaire, pour le bâtiment en tant que partie de l’assurance privée des dégâts d’eau aux bâtiments, pour le mobilier de ménage en tant que couverture complémentaire correspondante. C’est précisément lors de violents orages d’été accompagnés de fortes pluies que les canalisations sont rapidement surchargées. Les personnes vivant dans une zone à risque ou stockant des objets de valeur à la cave devraient donc vérifier cette couverture.
Dommages au jardin et aux abords
Il s’agit ici d’une lacune de couverture fréquente. Si les meubles de jardin font partie du mobilier de ménage, les aménagements extérieurs fixes — jardins, plantations, murs de soutènement, allées ou piscine — ne sont généralement pas inclus dans la couverture de base de l’assurance immobilière. Pour simplifier : la couverture s’arrête souvent au mur de la maison, que vous soyez assuré au niveau cantonal ou privé. Pour cela, il faut une couverture complémentaire pour les abords du bâtiment, telle que proposée par les assurances privées de choses pour bâtiments. Si vous avez beaucoup investi dans votre jardin, vous devriez connaître cette lacune et vérifier si une protection complémentaire en vaut la peine.
Et qu’en est-il pour la voiture ?
Les bâtiments et le mobilier de ménage ne sont pas les seuls à pouvoir être endommagés par les intempéries. Les véhicules sont également particulièrement exposés, notamment en cas de grêle, de tempête et d’inondation.
L’assurance responsabilité civile obligatoire ne couvre que les dommages que vous causez à autrui. Pour les dommages causés par la grêle, la tempête et les inondations à votre propre véhicule, il faut au moins une assurance casco partielle. Celle-ci prend généralement en charge les frais de réparation sans que vous ne soyez rétrogradé dans le système de bonus.
L’utilité d’une assurance casco partielle dépend en particulier de la valeur du véhicule. Elle est généralement judicieuse pour les voitures récentes ou de grande valeur. Pour les véhicules très anciens ayant une faible valeur vénale, il peut en revanche être rentable d’y renoncer, car l’indemnisation en cas de dommage total est limitée. Il vaut donc la peine de jeter un coup d’œil à la valeur du véhicule, à la prime, à la franchise et aux conditions d’assurance.
Bien agir en cas de sinistre
Après une intempérie, il importe d’agir rapidement et de manière réfléchie :
- Documenter le dommage : photographiez ou filmez tous les dommages avant de ranger. Les photos datées sont la base de tout règlement de sinistre.
- Prévenir d’autres dommages : la loi vous oblige à limiter le dommage autant que possible, par exemple en pompant l’eau ou en recouvrant provisoirement une fenêtre endommagée. Conservez les justificatifs — les frais liés à des mesures d’urgence judicieuses sont remboursés par l’assurance.
- Déclarer immédiatement : informez votre assurance le plus rapidement possible, par téléphone ou en ligne. Toute personne qui retarde la déclaration par sa faute risque une réduction de l’indemnité.
- Conserver ce qui est endommagé : ne jetez les objets endommagés qu’une fois que l’assurance a expertisé le dommage ou a donné son accord.
- Établir une liste : pour les dommages au mobilier de ménage, notez tous les objets concernés avec leur valeur d’acquisition approximative.
Combler les lacunes de couverture maintenant, et non après le prochain orage
Les intempéries de l’été 2026 le montrent : les dangers naturels frappent la Suisse régulièrement et souvent avec peu de préavis. La question de savoir si votre protection est suffisante en cas d’urgence ne se décide pas pendant l’orage, mais lors de la conclusion de la police. Les points faibles typiques sont une somme d’assurance ménage trop basse, l’absence de casco partielle pour la voiture ou les abords du jardin non couverts.
Un bref check-up d’assurance permet d’y voir clair avant que le prochain orage d’été n’éclate. Les conseillères et conseillers de simply prennent le temps, sans engagement, d’examiner votre protection ménage, bâtiment et véhicule contre les dangers naturels et vous indiquent où les lacunes peuvent être comblées.